Voitures neuves thermiques et hybrides : fin des ventes dès 2035

Voitures neuves thermiques et hybrides : fin des ventes dès 2035

4 août 2021 Non Par Amine

Dans son plan de lutte contre les gaz à effet de serre, l’Europe a récemment annoncé 12 propositions dans ce qu’elle a appelé le “Pacte vert”. Certaines de ses mesures vont drastiquement changer les secteurs d’activité concernés dont les transports et l’automobile. L’objectif est d’atteindre la neutralité carbone en 2050 après une première diminution de 55% (par rapport à 1990) d’ici 2030.

Plus de véhicules neufs thermiques et hybrides dès 2035

Avec 30% des émissions de l’UE, le secteur des transports est un des gros pourvoyeurs en la matière. Le transport routier pèse pour près de 70% là-dedans. Et au sein du transport routier, l’automobile compte pour environ 60%. L’Europe a ainsi proposé une mesure choc : la fin des ventes de voitures et véhicules utilitaires légers neufs à moteur thermiques d’ici 2035.

Ces propositions sonnent aussi le glas des voitures à motorisations hybrides. En effet, un moteur hybride mélange l’énergie électrique et l’énergie produite par un moteur thermique.

Si l’on regarde de plus près le plan de bataille, une première étape consiste à réduire les rejets de CO2 de 55% d’ici 2030, et de 100% en 2035. C’est un peu différent pour les utilitaires légers : 50% d’ici 2030, et de 100% en 2035.

Autre information : les constructeurs qui produisent entre 1000 et 10000 voitures par an bénéficient actuellement d’un régime d’exception par rapport aux rejets de CO2. Cela ne sera plus le cas. Ils devront respecter les mêmes objectifs.

Pourra-t-on encore rouler avec une voiture thermique après 2035 ?

La mesure annoncée par l’Europe ne concerne que les ventes de voitures neuves. Il sera donc toujours possible de circuler avec une voiture thermique. En se basant sur un cycle de vie d’environ 15 ans pour une voiture, l’objectif de l’UE est d’atteindre un transport automobile totalement décarboné en 2050.

Cette possibilité de circulation sera toutefois très encadrée puisque à compter de 2024 dans des villes comme Paris, les Zones à faibles émissions  vont restreindre l’accès à certains véhicules selon leur classification Crit’air.

Une décote à prévoir sur le marché de l’occasion ?

Les ZFE vont mettre du plomb dans l’aile du diesel et compliquer leur revente. Si des véhicules trouvent moins d’acheteur, il est très probable qu’une décote s’opère sur les prix. L’essence est à l’heure actuelle moins concernée par les ZFE. Il faut rappeler également que 2035 concerne la vente de voitures neuves. Les occasions pourront continuer à s’échanger sur le marché, mais avec des perspectives de plus en plus réduite pour circuler et revendre. La vente de voiture électrique, occasion ou neuve, a pour sa part de beaux jours devant lui.

Des nouvelles gammes 100% électriques

Pour les constructeurs, ces annonces orientent clairement leur production future vers du 100% électrique. Les alternatives qui peuvent être à l’étude n’auront pas le temps d’aboutir d’ici là. Les constructeurs s’y préparent déjà. Audi a par exemple annoncé que dès 2026, elle ne lancerait sur le marché que des modèles à motorisation électrique. La marque propose déjà, en 2021, une gamme qui contient plus de véhicules électriques que thermiques.

Adapter le réseau de recharge

L’autre grande adaptation que cette mesure implique concerne le réseau de recharge. Un parc automobile majoritairement électrique nécessitera bien plus d’infrastructures qu’actuellement. La France, et l’Europe, sont globalement assez pauvres au niveau des bornes de recharge. L’europe prévoit ainsi l’installation de bornes de recharge électriques tous les 60 km sur les grands axes routiers, tous les 150 km pour les bornes à hydrogène. L’objectif annoncé : produire 300 kW d’ici 2025 et 600 kW en 2030. Côté français, on en est loin. L’hexagone compte actuellement 35 000 bornes et, pour rappel, s’était donné comme objectif d’en avoir 100 000 à la fin de l’année 2021.

Restera ensuite à faire en sorte que la production électrique tienne la route face à une demande croissante. Les études effectuées par RTE et EDF sont sur ce point plutôt positives, en ce qui concerne la France en tout cas.